OUATE ET VERRE

OUATE ET VERRE

4.10.07

Dans l'ombre de l'éléphant

Dans la grande forêt un petit éléphant est né. Il s'appelle Fubar. Samaman l'aime beaucoup. Pour l'endormir, elle le berce avec sa trompe enchantant tout doucement.

Comment, tu dis, c'est un plagiat ? Le petit éléphant s'appelait B.... ?Ben, non, ceci est une autre histoire, la mienne !

Et moi, je suis Fubar. Je suis né le même jour et à la même heure que B...., dans la même forêt. Ma grand-mère m'a même dit une fois que nous avions le même papa, moi et B...., mais je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est que si ma maman avait été tuée par des chasseurs, je ne me serais pas sauvé comme un lâche ! Je serais resté près du troupeau, histoire de solidarité !

Oui, bon, c'est comme ça, ce n'est pas moi qui me suis sauvé en ville, ce n'est pas moi qui ai vécu avec une Vielle Dame qui ne faisait pasattention à ses sous, ce n'est pas moi qui s'est habillé d'un beau costume, ce n'est pas moi qui ai eu une nouvelle bagnole.

Et puis, quand mes cousins A... et C.. - ben oui, ce sont mes cousinsaussi, hein ? - quand ils ont fait une fugue, est-ce que ce stupide petit B.... a téléphoné pour prévenir ma tante qui était malade de peur? Ben non, espèce d'ingrat !!

Puisque les autres étaient partis, c'était moi, Fubar, le plus jeune et le plus beau de tous les éléphants ! Les absents ont toujours tort, quoi. Moi, j'avais tout le lait de coco que je voulais, et tous les autres éléphants me faisaient de petites douches et des câlins avec leurs trompes.
Jusqu'au jour où ce petit crétin soit revenu avec son entourage, planquant la Vieille qui avait tout fait pour lui !

Ben, tu vois un peu son vrai caractère.

Oui, si c'était pas pour ce stupide marabout qui les avait vus là, en ville. Le jour où il est revenu dans cette stupide voiture, je ne croyais pas mes yeux. Tout le monde a oublié leur chouchou, le magnifique Fubar !Ils étaient tellement dingues, ils n'ont pas remarqué que leur B....chéri conduisait tellement vite qu'ils laissaient les grandes dans la poussière ! Et puis, personne ne voulait pas me croire que c'était ce stupide B.... qui avait remporté le champignon empoisonné qui a tué le roi, ce roi qui venait, la veille même, de me nommer son dauphin.

Et puis ce trouduc de C.... qui a suggéré qu'on couronne B.... au lieu de moi ! Quelle erreur ! Personne ne se rendait compte que nous serions tous obligés de porter de stupides vêtements, de nous promener en voitures, de boire du Coca-Cola et de manger des chips au lieu du délicieux noix de coco. Personne ne pensait au fait que le pouvoir corrompt et que le pouvoir absolu corrompt absolument, et que, une fois que tu laisses partir ta culture, tu ne la récupères pas, non. Le comble, quoi.

Mais C.... ne s'est pas trompé, il savait très bien queB.... ferait de lui son général. Les autres ne savaient pas que B.... avait lu Machiavel lors de son séjour chez la Vieille Dame. Ils ne savaient même pas qui c'était.

Mais la pire insulte, c'était après son voyage aux USA. Quand B.... est revenu, il s'est fait un plaisir d'annoncer devant tout le monde le sens de FUBAR en anglais. Tout le monde était mort de rire. Même ma mère à moi a barri. J'avais envie de mourir.

C'est pour cela qu'aujourd'hui, je fais mes valises. Je vais aller moi-même en ville. Je vais me trouver une Jeune Dame riche qui me payera des baskets et un iPod pendant que je lis Marx et Mao et Mickey Mouse. Parce que moi, j'ai marre de vivre dans l'ombre de l'éléphant !

Je veux ma propre place au soleil !

2 commentaires:

  1. Nul besoin de partir … Pour avoir sa place au soleil, il suffisait de changer de côté !

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  2. C'est ravissant comme tout, toutes ces histoires. J'ai le coeur dans les chaussettes de soie.
    Ca me change du MAMI. J'y étouffe, ici, je respire.
    Balthazar

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