OUATE ET VERRE

OUATE ET VERRE

20.2.09

Joueurs dans la comédie

« L'espoir est une mémoire qui désire, le souvenir est une mémoire qui a joui. Quelle belle vie dans la vie nous fait ainsi la pensée... » -- Honoré de Balzac

Honorés,
Nous voici,
Joueurs dans la comédie.

Jouisseurs,
Ça aussi,
Frôlant donc la tragédie.

Pleins d'espoir,
De folie,
Souvenirs de l'amnésie

Inhumaine
Perfidie,
Désir qui nous calomnie.

Déshonorés,
Nous voici
Répétant la litanie

Pleins d'espoir
De folie
Joueurs dans la comédie.



Pour Kaléïdoplumes, Consigne n° 60

11.2.09

Équivoque

Pour Kaléïdoplumes, Consigne n° 59

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ?
Un grain de sable dans l'œil
D’un dieu distant et froid qui larmoie
Sans trop savoir pourquoi.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ?
Une petite fille qui pleure en voyant que
La balançoire est cassée
Sans trop savoir pourquoi.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ?
Une paire de sandales oubliées sur la plage
Lorsque la marée chante comme une sirène
Sans trop savoir pourquoi.

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre ?
Rien. Ni grain, ni fille, ni sandales,
Juste perdue dans un univers immuable
Sans trop savoir pourquoi.

22.1.09

Ni vus ni connus

Pour Kaléïdoplumes, consigne n°56 : Bataille rangée avec un bouton d'acné. Pierre-Henri a un bouton et ce soir, c'est la grande fête. Que fait-il ?

Putain ! Un bouton ! Un bouton ? Meeeeeeeeeeeerde, un boooooooooutoooooooon ?

Pierre-Henri s’exécute. Ce soir, c’est la boum le nec plus destroy. Il file chez sa sœur. Normalement, elle est d’une chiante, et le P-H préfère faire semblant d’être enfant unique, mais maintenant, c’est grave. On se ravale lorsqu’il faut, c’est la combine des grands, on avait appris ça l’année dernière au cours de Philo.

Il frappe à la porte de La Gonzesse.

- Ouais ? Sa voix est faible, elle doit être toujours en train de dormir. Pierre-Henri se félicite.

- Dis, Frangine, t’aurais pas de Stridex ?

Silence. Pierre-Henri redouble ses efforts, en parlant un peu plus fort.

- Eh ! T’aurais pas de Stridex ?

- De quoi ?

- DE STRIDEX, NOM D’UNE PLANTE VERTE !

Bonjour la discrétion, se grommèle notre héros. Espèce de pouffe ! Comment se faisait-il que tous ses copains aient des sœurs cools, qu’il soit le seul mal loti de sa classe ?

- Bah, pourquoi tu veux des Stridex, hein ?

Avant que Pierre-Henri ne puisse se sauver, la porte s’ouvre. Une petite brune de dix-huit ans, les cheveux ébouriffés (mais quand même jolis, même Pierre-Henri doit l’admettre) le regarde, une lueur maléfique aux yeux.

- Qu’est-ce que t’as, mon grand, t’aurais pas un bouton, dis ?

C’est dinque ce que les nanas puissent être lourdes, des fois, non ?

Pierre-Henri considère ses choix. Il peut soit se mettre à l’attaque, soit baisser ses armes et profiter de la chaleur féminine qui sortait parfois de ce petit bout de nana aux moments les plus surprenants. Rapidement, il fait son choix. Il capitule.

- Oui, un bouton, c’est chiant, c’est ce soir la méga-teuf chez Britanni, tu te rends compte ? T’aurais pas de Stridex, ma soeurette ?

C’était son jour de chance. La Béa fait sa B.A.

- Minute, murmure-t-elle. La porte se referme.

Cela faisait aux moins dix ans que Pierre-Henri n’avait pas vu l’intérieur de la chambre de sa sœur. Normalement, la curiosité l’aurait piqué, mais maintenant, il y avait des choses plus importantes à considérer. Le Stridex, ferait-il l’affaire ? Pierre-Henri ne croyait pas vraiment aux miracles, mais quand même, toujours un peu aux pubs.

La porte se rouvre. Pierre-Henri voit la main de sa sœur tendue vers lui. Là-dedans gisait le produit convoîté, et aussi un petit bâton.

- Chicos ! crie le gars, soulagé, saissisant le kit, disponsible en grande surface.

- Banane ! Prends l’autre aussi ! rit sa sœur.

- C’est quoi ?

- Bah, c’est du maquillage !

- Du maquillage ?? Eh oh, chuis pas travelo, moi ! Non !

Pierre-Henri s’effarouche et blanchit.

Béatrice ouvre la porte plus grande. Derrière sa sœur, Pierre-Henri s’aperçoit du royaume féminin de sa sœur. Il en reste un peu ébloui.

- Bon, mon grand, je t’explique, dit la fille, sa voix l’apothéose de la compassion fraternelle. Tu te serviras du Stridex maintenant. Cela aidera à le dégonfler, mais ce sera toujours rouge, tu vois ? Alors ce soir, juste avant de partir, tu mets un peu de ceci là-dessus. Et hop ! Ni vu ni connu !

- Sans blague ?

- Sans blague !

- Ça fera pas trop pédé ?

- Bah non, idjot ! Tu penses pas que tous tes héros du ciné en mettent ? Hein ?

Pierre-Henri reste muet devant sa sœur.

Béatrice le regarde, comme si pour la première fois.

16.1.09

Si Dieu était une nana...

Pour Kaléïdoplumes, consigne n°55 : Écrire un texte à partir de cette image :


- Il a l'air fâché, le m'sieu'.
- C'est pas un m'sieu', c'est Dieu.
- Il a l'air fâché, Dieu.
- Mouais. Mais bon, le bleu-vert, c'est pas sa couleur.
- Tu trouves ?
- Ouais, je le verrais bien en rouge, bordé d'un jaune vif.
- Ah bon ? Je l'ai toujours imaginé en pourpre.
- Chais pas, tu trouves pas que le pourpre fasse un tantinet chichi ?
- Ah si, un peu, quand même.
- Bah, tiens ! Si Dieu était une nana ?
- Ben, si c'était une gonzesse, il aurait pas l'air si fâché !
- Tu crois ?
- Ben non, pas trop. Je ne crois pas en Dieu.
- Bah, moi non plus. Voilà sans doute pourquoi il est fâché !
- T'as pas faim, toi ?
- Si, j'ai un petit creux. Si on allait grignoter un truc ?
- D'accord ! On y va !
- Mais Dieu ?
- Mais Dieu quoi ?
- On l'invite ?
- Ben non, il a l'air trop fâché.

26.12.08

20.12.08

AU SECOURS DU PERE NOEL


OE-QuoteFixC'était la veille, celle de Noël
À dix-huit heures, c'était formel,
Mais le bonhomme était nulle part
Et c'était l'heure de son départ !

Où il était ?! Noël, le père,
A pris, à tort, un somnifère
Pensant que c'était antalgique
Et lui en manque de viatique !

Or, il dormait déjà son plein
Couché par terre, sous le sapin.
Au Pôle Nord régnait la panique.
Que ferait-on sans vieux "St. Nick" ?

Les rennes attendaient patiemment,
(Les lutins juraient bruyamment)
Mais moi, sa femme, m'y connaissais
Alors, très vite, je les rassurais !

J'ai jeté une sceau d'eau bien froide
À sa figure, et puis l'escouade
De lutins chantaient « Tintez cloches » !
Mais lui flanquait de grosses taloches

Et même Rodolphe a pris une claque
Car Papa N. était patraque
Et commençait à ronfler dur
Sous le sapin, parti, pour sûr.

Alors, j'ai eu la bonne idée
De mettr' ses robes, et, malmenée,
J'ai crié en partant « Motus ! ».
Avant que sonne l'angélus

Du matin du vingt-cinq décembre
(Car j'étais la tout' premièr' membre
Du club qui aide le Père Noël
Une fois par an dans son bordel).

Oui, ça m'est arrivé depuis
De rappeler à l'epoux exquis
À qui il doit sa renommée ?
À sa douce et tendre. Assommée.

14.12.08

Pieux

C'est obni qui m'a sonnet avec un nouveau truc, j'y essaie la main, voyons ce que ça donne.

Il s'agit de faire un poème avec les strophes de la longueur des premiers nombres de pi.
(Dieu, que j'essplik mal, va voir, de préférence, chez Obni).

Bon, où en étais-je ?

Ah oui, je m'lance... (3.1415, avec le 1 qui sert de renvoi ou de refrain) :


Calendrier, réveil, graines de sable haineux
Tout passe dans le temps, tout passe, besogneux,
Les moments et les jours, les instants délirants.

Ne retiens pas ta joie, ne retiens pas le temps.

Car la vie avance, bien immuablement,
En dépit de tes voeux, d'un génie impétueux,
Elle affirme, têtue, tes défauts malchanceux
Qui te feront sombrer, pleurant abjectement.

Ne retiens pas ta joie, ne retiens pas le temps.

Et sans trêve, sans glaive, elle mène son combat
Fort impitoyable, contre toi, son passe-temps
Et elle te vaincra, sans pleurer ton tourment
Alors, tu céderas devant un tel constat :
Ne retiens pas ta joie, ne retiens pas le temps.

2.12.08

À refaire

Moi, à ta place, je me serais épargnée.
Je n'aurais pas laissé tomber la hâche
Sans au moins te prévenir.