Une immodeste, Deux vieux funestes, Trois gars agrestes, Quatre filles (des pestes !), Cinq mousquetaires en soubrevestes, Six auteurs de palimpseste, Et de l’Afrique, sept gros dermestes
Qui vrombissent tant, que, sans conteste, On les écrase d’une belle main preste Comme celle d’Obama, mettant du zeste ! Qui ne serait souvent si leste Avec les journalistes qui pestent Pour raconter ses faits et gestes
Mais là, je rêve ! ‘y a rien qui reste De ma petite sieste modeste.
Hallo, ici Rover, le Chienricain. Bienvenue sur mon blog !
1er juin : Départ Paris : C'est terriblement chouette, mon blog-clebs-ami Médor m'a invité à venir lui rendre visite à Paris et j'y vais ! Oui, terrible, mais je viens de savoir que je dois voyager dans un compartiment spécial, loin des gens dans l'avion. C'est un exemple horrible de caninophobie, on est quand même pas très avancé dans ce bas monde, même si on a un First-Dog noir à la Maison Blanche ces jours-ci, il y a toujours du chemin à faire. Alors bon, faut que je file !!! À la prochaine.
2 juin : En route : Bah dis donc, j'ai appris un truc ! En prenant Air France depuis JFK, j'ai vu que les chiens avaient droit à des sièges, juste comme les gens ! Tiens, je crois bien que je vais aimer la France et les Français !!!
3 juin : Arrivée Paris : Médor est venu me chercher à Charles Dog-aulle, un très chouette aéroport. On est allé s'établir à sa niche chez lui. Mais quel pays, la France ! Il y a des chiens partout ! Au resto ! Je n'en reviens pas !!! Et dans les sacs de dames, même ! Waouh-ouh-ouh-ouh ! Médor m'a dit « T'as rien vu encore ! » et il avait raison ! Soirée téle. Saviez-vous qu'ils ont même une émission qui s'appelle 30 MILLIONS D'AMIS dont les vedettes sont des chiens ?!? Ah oui ! Terrible ! Oui, bon mon papy m'avait raconté un truc ringard du temps où on avait Lassie à la téloche ricaine, mais bon... Je pense bien que les Français ont beaucoup plus de culture que nous, non mais !!!
4 juin : Promenade Paris : Ah, c'est la joie, ici, sauf que je suis tombé sur un os ! Le même vieux problème qu'ont tous les touristes...OÙ SONT LES TOILETTES ? Je cherchais ci et là, je ne retrouvais pas de bouche d'incendie comme on a ici aux Huesses ! Mais que faire ?!? Médor a remarqué mon trouble et m'a demandé ce qui n'allait pas. Je lui ai expliqué, et il a dit « Rhô, mon vieux, tu es en France ! Le règlement est différent ! Alors, oui, je comprends que tu ne reconnais pas les bouches d'incendie françaises, les tiennes sont comme de petits bonhommes, les nôtres c'est plus comme un robot...bien plus chic, tu vois ?
Pendant que j'admirais le look (Ah, ces Français, ils sont si élégants !) Médor m'a encore expliqué :
« Ben, tu sais, ici, cher Rover, on fait pipi sur les lampadaires ! » « Les lampadaires ? Mais qu'est-ce ? » Et Médor dit, « Tiens, attends, tu vas voir un truc. »
Et trot, trot, trot, il m'emmène dans un lieu fabuleux ! Alors, là, mes amis !!! Eh ben, moi, je dis : « VIVE LA FRANCE !!! »
À très bientôt, chers amis blogchiens ! Et maintenant, vous m'excuserez, j'en ai pour un petit moment...
Pour la consigne n°74 des Kaléïdoplumes : Quand les statues se lâchent !
Ah, que cela fait du bien de baisser le bras et de m'asseoir un moment. C'est un sacré travail d'illuminer le monde, et difficile de trouver un moment où personne ne regarde. New York, c'est bien la ville qui ne s'endort jamais, mais souvent, entre trois et quatre heures du matin, surtout lorsqu'il fait très sombre - les nuits sans lune - j'ai le luxe de respirer un peu. On oublie que je suis une vieille femme, 123 balais, c'est pas rien. Ouille ! Faudra bien que je me repose, à partir du 4 juillet cette année, on va recommencer à admettre ces gens qui grimperont à mon intérieur tous les jours, si tu savais comme ça chatouille ! Mais bon, c'est vrai que j'ai eu bien du repos depuis le onze-neuf, il est temps que les gens oublient leur peur ! Oui, je regrette que ma robe soit devenue verte, la couleur ne me va pas bien ! Si tu avais pu me voir quand j'étais jeune et lumineuse et cuivrée, ah oui, j'étais sensationnelle ! Bah oui, c'était Tonton Viollet-le-Duc qui a choisi le cuivre de ma roble ! Ah, tu ne savais pas ? Bah oui, c'était lui. Et cousin Eiffel qui a fait mon intérieur ! Ah oui ! Ah les souvenirs ! Et puis, tu t'imagines le voyage depuis Paris ?!? Qu'est-ce que j'avais le mal de mer, incroyable ! Ah oui, c'est vrai que pour plusieurs, je ne suis qu'une statue. J'aimerais bien qu'ils essaient de respirer un peu sans moi, noméo ! Ah oui, merci, un café, ce ne serait pas de refus, et puis, zoum ! Faudra que je me remette, je vois bien des phares à l'autre bout du pont de Brooklyn. Qui ? Ah oui, ma copine, la traversière qui fait continuellement son va-et-vient entre Manhattan et Staten Island ? Bah oui, on peut lui faire confiance, c'est une discrète, je t'assure ! Pardon ? Un bisou ? Ah oui, embrasse-moi, serre-moi sur ton coeur, oui, cela nous fera du bien à tous deux. Allez, oui, j'y vais. Passe-moi ma torche, tu veux bien ? Merci ! Allez, zou, ma belle, t'as à faire, toi aussi. À la prochaine !
J’ai bien reçu votre lettre du 15 mai. Au début, j’étais fort étonnée de savoir que mon nom et mon adresse figuraient dans son agenda, et puis je me suis rendu compte que ce n’était pas, finalement, si étonnant que cela.
Je n’ai jamais fait la connaissance de madame Icks. Et pourtant, c’était elle qui a ruiné ma vie.
J’étais jeune épouse, éperdument heureuse. J’attendais notre premier enfant le jour où la voiture de madame Icks m’a écrasée. Un accident, vous vous direz, et moi aussi, (et le tribunal aussi) les longs mois que j’ai passés, paralysée, au lit. Inutile bien sûr de vous préciser que j’ai perdu l’enfant que je portais.
Ce n’était que deux ou trois ans après mon rétablissement – si marcher difficilement avec des cannes peut s’appeler un rétablissement – que j’ai su que mon mari menait, depuis l’accident, une aventure avec quelqu’un d’autre. Lorsque je lui ai demandé s’il voulait sa liberté, il n’a pas hésité deux secondes à m’avouer qu’il était tombé amoureux de l’autre femme, celle qui lui donnerait enfin l’enfant qu’il avait tant souhaité et que je ne pouvais plus lui offrir à cause de l’accident.
Je l’ai laissé partir. Oui, je l’aimais encore, comment pouvais-je lui priver de son bonheur ? Enfin, une de mes amies, un collègue de mon mari – mon ex-mari, plutôt – m’a expliqué qu’il ne m’a pas quittée pour n’importe qui, mais bien pour madame Icks !Ah oui, j’imagine que l’ironie de la situation ne vous échappe pas.
Mais ce n’est pas tout. Madame Icks a dépensé tout l’argent qu’avait mon mari, et l’a quitté le jour où il n’avait plus un sou. Elle a aussi délaissé l’enfant, en leur faisant savoir que ni le gamin ni son père ne portaient plus aucun intérêt pour elle. Mon Jacot et son enfant sont venus me voir, Jacot me suppliait de le reprendre, et je l’ai fait, peut-être moins pour lui que pour les beaux yeux de son enfant qu’il avait fait avec ce monstre.
Hélas, Jacot est mort trois mois après, dissipé par l’alcool qui a pu tuer ce qui restait de lui. Moi, je m’occupais de l’enfant et le jour de ses seize ans, madame Icks a envoyé deux gros voyous chez moi pour le chercher.. Légalement, elle avait le droit. Elle avait aussi droit à l’argent que son père lui a légué. L’argent que ma mère m’a confié le jour de mon mariage. L’argent que j’avais soigneusement gardé en espérant qu’un jour que l’enfant de Jacot et moi irions aux États-Unis ensemble…l’argent que j’avais enfin donné à Jacot parce qu’il s’inquiétait pour les études du petit…
Vous vous demanderez sans doute ce qui est arrivé à l’enfant. Je ne sais pas. Il n’est jamais revenu me voir. Cela me semble clair, s’il est encore en vie, qu’il a coupé tout lien avec sa soi-disante mère.
J’espère que les autres figurants dans la vie de la glorieuse madame Icks vous apprendront que cette femme avait quelque brin de décence, mais cela me surprendrait. Qu’elle meure toute seule me semble digne de la vie qu’elle a vécue etaussi de celles qu’elle a ruinées.
Je n’ai plus que quelques mois à vivre. Je ne souhaite que cette femme n’ait pas pu vous duper ou vous impliquer dans une dernière sale affaire.
Si cela se trouve, j’espère que vous pourrez vous extriquer de ces griffes qui seraient capables de vous étrangler, même depuis sa tombe.
Il faisait beau, ce jour-là, il y a quatre ans. Ce jour-là, Majid avait pris un seau rempli d’acide et il l’a versé sur la tête de la belle Amenah, la fière, celle qui avait refusé de l’épouser, la garce !
Ce jour-là, le corps d’Amenah s’est mis enfin à fondre devant les demandes de l’homme qui la désirait.
L’acide a rageusement rongé ses jolis yeux noirs. Il a fait liquéfier son beau visage. Il a transformé la jeune femme en noix de beurre amer – aveugle et cicatrisé.
Voilà comment Majid et l’acide ont cherché à l’embraser, enfin.
- Je n’ai rien fait de mal ! a-t-il protesté encore, tout en se moquant acerbement de la « hideuse » lors du procès.
Mais la loi du talion précise autrement.
La loi du talion dit un œil pour un œil, un corrosif pour un corrosif.
Et parce qu’un homme vaut deux femmes, Majid perdra ses deux yeux. Le tribunal l'a condamné à recevoir dix gouttes d'acide sulphurique dans chaque œil.
Amenah, qui avait proposé cette punition, au lieu de l’argent, a demandé au tribunal : « Retirez-lui ses yeux pour qu'il devienne comme moi ».
- Ne vous inquiétez pas. Je saurai lui faire la leçon, susurre l’acide.
Et toi une violette Et nous vivrons ensemble heureux Malgré tous ceux qui guettent Pour voir la couleur de nos peaux Ou la forme de nos sexes Souhaitant savoir si nous deux sommes Concaves ou bien convexes ! C'est pas c'qu'il faut pour nous aimer Pour nous conter fleurette Car moi, je suis un pissenlit Et toi une violette