OUATE ET VERRE

OUATE ET VERRE

24.2.15

Je tutoie qui je veux

Je tutoie qui je veux
Les grands, les gros
Les moches, les beaux
Je tutoie qui je veux.

Je tutoie si je veux
Des mères, des pères
Et même l'enfer
Je tutoie si je veux

Je tutoie qui je veux
La vie, la mort
Les poules, les porcs
Je tutoie qui je veux.

5.2.15

Mon dernier mot

Mon dernier mot sera
Mets le chauffage.
J'ai froid.

4.2.15

C'est obscène

C'est obscène, 
Ces mots soufflés
À l'oreille de la nature
Par ce grand satyre
L'hiver.




3.2.15

À la Chandeleur

J'ai eu peur.

2.2.15

Le janvier de mon silence

le janvier
de mon silence
a fait ses valises
et il est reparti
sans un mot

1.2.15

Le texte que je n'ai pas envoyé

Aujourd’hui, je vais tâcher de faire un portrait de l’oubli…
Samuel porte son oubli comme une armure, une protection contre les ravages du temps sur son vieux cœur. Cela fait déjà assez longtemps qu’il ne pense plus à sa douce Anna. L’amour l’avait gravée sur son cœur, mais le temps impitoyable l’abîma, et le portrait gravé sur la petite âme de Samuel devient de plus en plus poussiéreux et vague.
Diable…c’est difficile de bien capter l’oubli... peu importe… j’y fonce…
L’homme ne se souvient plus vraiment de la peau de sa femme, peut-être dorée, ni de ses cheveux, sans doute soyeux. Cela fait des décennies qu’il ne nage plus dans cette rivière surprenante, chaude et profonde, qui coulait en elle. Parfois, le matin en se réveillant, il en entend encore un petit égouttement, comme pour le robinet dans la cuisine qui ne se ferme plus complétement.
D’accord…ça avance…
Quand la seule robe qu’il avait gardée d’elle et fourrée sous son traversin perdit son parfum, il ne restait que le coton fade et usé, et alors absolument inutile. Peu à peu, Samuel apprit à ne plus penser à leur joie -  c’était ça le plus difficile - mais sa tête et le temps se rejoignirent pour vaincre les petits restes qui revenaient parfois à la surface, troublant son conscient comme des poissons rouges troublent l’eau quand ils cherchent les miettes de leur petit repas quotidien.
Non, impossible de tout éradiquer, quand même…bon…encore un petit effort…
Un jour, et sans doute bientôt, Samuel n’existera plus, tout comme son Anna, et ils seront enfin réunis quelque part, partageant cet oubli inévitable qu’on appelle l’univers.
Voilà…Tournons alors la page sur eux.

27.12.14

Hypocrites, tous des hypocrites

Même les bouteilles ont de vrais culs. Pourquoi est-ce qu'il y a tant de gens qui en ont des faux ?

26.12.14

Leonard Cohen n'a qu'à bien se tenir !


On nous montre une photo
Il faut écrire soit tard ou tôt
Mais j'aim-e pas vraiment le Noël déjà
Alors, j'essaie, je gratte, je lutte
Et je trébuche, je tombe, je butte
J'essaie de relever l'défi, et à tout-va
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Mais chaque décembre, quoi qu'il vienne
Encore Noël pour cette païenne
Et je veux pas me sauver à Falloujah
Alors, j'invente ma réponse
En y passant un' pierre ponce
(Comme chaque auteur, je connais bien l'immédiat)
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia


Il s'agit d'un truc en papier
C'est bleu, troué, à larmoyer
Et ça me fich-e les blues plus qu'un chouïa
Je préférais - sans doute à tort -
Une autre idée, un autre sort
Un autre moyen de dire « Ah, j'ai vu ça ! »
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Une cheminée et des chilis
Et deux ou trois guilli-guillis
Voilà tout ce que je vois, c'est pas du plagiat !
Ce papier bleu et ces paillettes
Ne feront pas que je regrette
De ne pas croire en Dieu, c'est déjà ça, ça.
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia


Si Dieu existe qu'il me pardonne
- Au lieu de me traiter de conne -
Ces mots qui passeront pour le charabia
Si la souffrance fait partie du jeu
Ce bleu finira dans le feu
Et brûl'ra avec moi comme un séquoia !
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

21.12.14

Charabia

Cela a commencé par les premières marques grattées dans le sable et sur les rochers.

- Ugh, Ough, ~><|||