OUATE ET VERRE

OUATE ET VERRE

6.6.07

Toubib ce matin

Enlève-moi le grain
Mais laisse la beauté
Si tu en trouves.

5.6.07

Qui est ce gars qui regarde par-dessus de mon épaule ?

À chacune de nos rencontres, c'est la même fête, la même joie de se revoir et de partager. Chaque fois est pourtant si différente de la précédente. C'est comme un renouveau dans la continuité. Mais une chose reste identique : le plaisir d'être ensemble.

Je pense que passer du temps entre amis, ne serait-ce que quelques heures, une soirée ici et là, une journée de temps à autre, c'est comme se brancher à une source d'énergie pure pour recharger ses batteries. Ensuite, on repart plus léger, plus serein, sans même s'inquiéter de la prochaine rencontre. Car on sait qu'elle aura lieu. Quand ? Où ? Comment ? Aucune importance ; ce sera une fois de plus un plaisir renouvelé. -- Hervé Desbois, L'amitié, un jour à la fois

Beauté bretonne, je t'ai vue



(photo par Sar@h, le 24 mai 2007)

4.6.07

Entraves

« Avant d'exiger la liberté, je dois me libérer de mes propres entraves. »

Les barreaux patientent devant ta porte
Et ton regard qui ne rencontrera pas le mien.
Le soleil haut dans le ciel
Ne laisse pas d'ombre ni d'ombrage.
Tu t'entoures de tes chaînes,
Tu fais d'elles un beau manteau de fer
D'enfer.
Les gouttes de pluie qui arrivent à ton seuil
Repartent en vapeur, sifflant du contact.
Et pourtant, tu cries,
Piteusement,
« Qu'on me libère ! Qu'on me libère ! »

2.6.07

Higelin

Tu arrives en douceur.

À l'autre bout du fil
Une ange divine t'annonce
Que tu témoigneras

Plus tard
Dans le rouge et le noir
Et le verre et le velours

D'une voix
Qui te grattera bas
Dans le dos
Qui te chatouillera
Les tripes

D'un air que tu ne connais pas
Mais que tu as toujours connu

Et trois heures
Plus tard
Dans le rouge et le noir
Et la fumée

Tu y seras enfin :
Repue
Et comblée
Comme cette salle
Debout à hurler

« BIS ! »

14.5.07

Prairie

Tu peux passer avec tes couteaux,
M'ouvrir et me mettre à nue,
Et je m'étalerai devant toi
Dans toute ma noirceur, ma richesse,
Mon parfum fécond.
Moi, je n'oublierai pas
Le secret de mes secrets :

Ce que j'ai été et ce que je serai
Dès que tu reposes encore
Dans mon ventre.

11.5.07

J'arrive...

La femme de Gengoul

[extrait de Les Vies de saint Gengoul, époux et martyr, par M. Lauwers]

Une expédition a mené Gengoul dans le nord du pays, et il arrive dans
un lieu traversé par une source cristalline dont il tombe littéralement
amoureux. Il achète au propriétaire des lieux. Revenu en Bourgogne, il
doit affronter les quolibets de sa femme, déjà infidèle, et il se voit
reprocher par sa femme d'avoir gaspillé son argent et s'être fait
berner. Mais le bâton qu'il a planté en terre fait surgir de l'eau dans
l'un de ses domaines. Apprenant que sa femme le trompe, il veut en avoir le coeur net et lui fait subir l'épreuve à l'eau : elle se brûle la main
dans la rivière. Il songe à la tuer, mais se contente finalement de la
chasser. Prise de panique, elle pousse son amant à assassiner Gengoul.
Ce dernier est frappé à l'aine, et meurt quelques jours plus tard. Le
clerc [son amant] subit le même châtiment que le traître Judas et
l'hérésiarque Arius : il se vide de ses entrailles. Quant à la femme,
quand on lui rapporte les nombreuses guérisons miraculeuses survenues
lors de la translation du corps de son mari jusqu'à Varennes, elle
profère l'insulte suivante : Sic operatur virtutes Gangulfus , quomodo
anus meus !
La chose ayant lieu un vendredi, elle est aussitôt
condamnée à ne plus pouvoir émettre de bruits ce jour-là que par son
postérieur.

4.5.07

Ni ailleurs

Il n'y a pas assez d'espace ici pour écrire tout ce à quoi je pense,
aucun moyen de capter ce que je ressens à lire et relire, le délire.
C'est délicieux.

1.5.07

Qui sait encore...

Qui sait encore que la vie est une petite musique presque imperceptible qui va casser, se lasser, cesser si on ne se penche pas vers elle ? --Christiane Singer, Les sept nuits de la reine

Oui,
Qui sait encore,
Et qui attend
Qu'on donne le
la ?