Il était temps que je rattrape l'oie
Que je lui arrache sa plus belle plume
Que je l'affûte
Que je la trempe dans l'encrier de mon coeur
Il était temps que je retrouve une feuille
Parmi toutes celles tombées à mes pieds
Dans cette forêt imaginaire
Il était temps que j'y trace des marques
En faisant de grandes traces
À travers la page
Il était temps
OUATE ET VERRE
OUATE ET VERRE
14.1.17
5.11.16
Ce n'est pas ton silence qui m'afflige...
Ce n'est pas ton silence qui m'afflige,
Ni la grosse lacune qui a pris sa place entre nous,
Ce n'est pas ton silence qui oblige
Ces quelques mots qui pointent au rendez-vous.
C'est le creux abandonné de ton coeur
Où siffle encore le vent, en vertige,
C'est l'oubli de toi qui est voleur :
Ce n'est pas ton silence qui m'afflige.
21.3.16
hello, hello
hello, hello,
après un an
perdue sur la mer,
l'amère,
l'amertume
l'accoûtume,
coûtumière
hello, hello,
après un an ,
le vent en poupe
21.3.15
24.2.15
Je tutoie qui je veux
Je tutoie qui je veux
Les grands, les gros
Les moches, les beaux
Je tutoie qui je veux.
Je tutoie si je veux
Des mères, des pères
Et même l'enfer
Je tutoie si je veux
Je tutoie qui je veux
La vie, la mort
Les poules, les porcs
Je tutoie qui je veux.
5.2.15
4.2.15
3.2.15
2.2.15
Le janvier de mon silence
le janvier
de mon silence
a fait ses valises
et il est reparti
sans un mot
de mon silence
a fait ses valises
et il est reparti
sans un mot
1.2.15
Le texte que je n'ai pas envoyé
Aujourd’hui, je vais
tâcher de faire un portrait de l’oubli…
Samuel porte son oubli comme une armure, une protection
contre les ravages du temps sur son vieux cœur. Cela fait déjà assez longtemps
qu’il ne pense plus à sa douce Anna. L’amour l’avait gravée sur son cœur, mais
le temps impitoyable l’abîma, et le portrait gravé sur la petite âme de Samuel
devient de plus en plus poussiéreux et vague.
Diable…c’est difficile
de bien capter l’oubli... peu importe… j’y fonce…
L’homme ne se souvient plus vraiment de la peau de sa femme,
peut-être dorée, ni de ses cheveux, sans doute soyeux. Cela fait des décennies
qu’il ne nage plus dans cette rivière surprenante, chaude et profonde, qui
coulait en elle. Parfois, le matin en se réveillant, il en entend encore un petit
égouttement, comme pour le robinet dans la cuisine qui ne se ferme plus complétement.
D’accord…ça avance…
Quand la seule robe qu’il avait gardée d’elle et fourrée
sous son traversin perdit son parfum, il ne restait que le coton fade et usé,
et alors absolument inutile. Peu à peu, Samuel apprit à ne plus penser à leur
joie - c’était ça le plus difficile - mais
sa tête et le temps se rejoignirent pour vaincre les petits restes qui
revenaient parfois à la surface, troublant son conscient comme des poissons
rouges troublent l’eau quand ils cherchent les miettes de leur petit repas
quotidien.
Non, impossible de
tout éradiquer, quand même…bon…encore un petit effort…
Un jour, et sans doute bientôt, Samuel n’existera plus, tout
comme son Anna, et ils seront enfin réunis quelque part, partageant cet oubli
inévitable qu’on appelle l’univers.
Voilà…Tournons alors
la page sur eux.
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