OUATE ET VERRE

OUATE ET VERRE

7.11.06

Ne veux-tu pas danser avec moi ?

E
n

a
t
t
e
n
d
a
n
t
,

j
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l
o
n
g
e

l
e

m
u
r.

Aérialiste

Légère,
tu avances,
délicat, un pied
ci et un autre là
et tu fais ton boulot comme un pro
sans qu'on voie l'effort que ça
coûte
et tu finis
aux applaudissements
de la foule déçue quand même
que tu ne
sois pas
t o m b é e

6.11.06

Mon souhait pour toi

J'ai beaucoup pensé à Mamma Galledou cette semaine et la vie qui l'attend, les cicatrices, la douleur et tout et tout. Je suis particulièrement sensible aux reportages qui parlaient de son sourire, et je me demande combien de temps passera avant qu'elle ne sourie encore. Moi-même, j'ai des cicatrices, des souvenirs des interventions qui m'ont sauvé la vie. Je les trouve belles, je leur suis reconnaissante. Les rides, aussi, c'est le prix qu'on paie d'être restée en vie. Je te souhaite plein de cicatrices et plein de rides. Mais s'il te plaît, arrête d'incendier des bus.

5.11.06

Viens dîner à la maison...


Poème de dimanche

Ce poème ne fera pas la grasse matinée.
Ce poème se lèvera pour aller à la messe.
Il fera ses pénitences.
Il écoutera le sermon et le gros orgue.
Il fera le signe de la croix avant de repartir.

Ce poème ne fera pas la grasse matinée.
Ce poème se lèvera pour aller au pain.
Il prendra une baguette.
Il hésitera devant les gâteaux, il prendra un pain aux raisins.
Il saluera gentiment l'aimable clientèle avant de repartir.

Ce poème ne fera pas la grasse matinée.
Ce poème téléphonera à sa mère pour prendre de ses nouvelles.
Il fera un peu de linge.
Il sortira la poubelle et il laissera aussi des restes pour des chats dans la rue.
Il prendra la clé et fermera bien la porte avant de repartir.

4.11.06

Pensée du jour

Même un cochon mérite des fois un chouïa de confiture.

3.11.06

Et si l'univers...

Et si l'univers était juste un grand cadeau-surprise de plaisir? Un qui a fait que j'arrête une petite soixante-quinzaine d'années pour apprécier, juste le temps de voir la couleur de tes yeux et de toucher avec mes doigts émerveillés les petits coins de ton sourire ?

Rustine

C'est moi, ta rustine
que tu mets quand tu crèves,
quasi-invisible, discrète.

Je tiens la route, je suis costaude,
tu m'y mets, tu m'oublies,
tu continues à rouler,
le nez dans le guidon.

Et moi, j'adhère, je colle,
je ne te lâche pas.

2.11.06

Horses

Une voix sort des tripes
Quelque part, elle pousse
Comme des roseaux au bord
D'un étang.

C'est la trompette qui dit
en douceur que tout va bien.

Ensuite, la harpe, la harpe,
Elle tisse la mélodie à travers
Des champs labourés,
Des brumes pulsantes,
Comme le tambour.

Encore, la voix dégringole
Parmi les notes,
Une cascade qui tombe
D'une crépuscule rouge
Et puis bleue
Et puis noire
Comme tes cheveux.

Nous sommes bien jeudi

Nous sommes bien jeudi,
Le jour des Défunts,
Des trépassés,
Des morts,
Des disparus.

Nous sommes bien jeudi,
Et pourtant mon père est mort
Un mardi.

Je ne me souviens pas de l'année.
Je ne peux pas.

C'était hier, c'était la semaine dernière,
C'est aujourd'hui
Et je pense encore à lui.

Et pourtant,
Nous sommes bien jeudi.